
Toujours plus loin. Voilà le nouveau mantra de l’automobile électrifiée. C’est à qui dévoilera à la face du monde l’autonomie la plus impressionnante, quitte à verser dans l’absurde.


Toujours plus loin. Voilà le nouveau mantra de l’automobile électrifiée. C’est à qui dévoilera à la face du monde l’autonomie la plus impressionnante, quitte à verser dans l’absurde.

Paradoxe : les ventes de voitures électriques décollent mais ce véhicule reste mal-aimé des constructeurs, nostalgiques d’un temps ou le thermique les plaçait au centre du monde. Ils n’ont pas su raconter une histoire positive autour de la watture et une grande partie des automobilistes reste insensible à ses attraits. Le clivage est, aussi, culturel.

Croissance partout dans le monde, y compris en Chine, succès renouvelé de l’hybride, passage tardif à l’électrique mais au bon timing et capacité à établir une relation particulière avec sa clientèle. Plus florissant que jamais, le modèle du numéro un mondial demeure d’une remarquable efficacité, même en Chine. Mais où trouve-t-il toute cette énergie ?

Volant Hypersquare, fausses calandres ou bruitages artificiels, les artefacts se multiplient à bord des voitures modernes. Leur fonction consiste à jouer le rôle d’exhausteur de plaisir de conduire ou, le plus souvent, à faciliter symboliquement la transition vers l’électrique. Des artifices qui font office d’objet transitionnel, à la manière d’un doudou.

La liste des constructeurs en difficulté, voire au bord du gouffre, n’a cessé de s’enrichir au cours des derniers mois. De Honda à Nissan en passant par Alpine ou Maserati l’inventaire est impressionnant et, pour tout dire, assez anxiogène. Pour qui sonne le glas ?

Alors que les géants allemands et Stellantis s'échinent à sauver le moteur thermique, Renault choisit une voie différente. Pour François Provost, le successeur de Luca de Meo, ce combat est appartient au passé. Plateforme 800V, alliance avec Geely et offensive Dacia : voici comment le groupe français compte résister aux Chinois pendant que ses concurrents regardent encore dans le rétroviseur.

Alors que Renault annonce une offensive de 36 nouveaux modèles d'ici 2030, l'horizon reste incertain pour Alpine. Entre le flou entourant son futur "vaisseau amiral", l'abandon probable du marché américain et une gamme de sept modèles qui peine à se concrétiser, la marque dieppoise semble revoir ses ambitions à la baisse. Le salut viendra-t-il de la future A110 électrique et de sa plateforme inédite, capable d'accueillir — surprise — un moteur thermique ?

Il se noue dans l’habitacle de nos voitures de sourds enjeux de pouvoir entre le conducteur ou la conductrice et ceux qui l’accompagnent. Ces rapports de force ont évolué au cours des décennies mais ils convergent vers une même issue. L’automobile est un jeu qui se joue à plusieurs et, à la fin, ce sont les passagers qui vont gagner.

128
On pensait le mouvement irréversible, et pourtant. Entre le rappel à l’ordre d’Euro NCAP sur les commandes physiques, le retour en grâce du diesel chez Stellantis et la fin des poignées rétractables, l’industrie automobile opère un surprenant retour aux sources. Simple nostalgie ou retour du bon sens ?
Le succès de la R5 E-Tech, qui vient de dépasser les 100 000 exemplaires en quinze mois et contraint l’usine de Douai à faire travailler une équipe de nuit, ne doit pas seulement être salué comme une prouesse commerciale. Le raz-de-marée des petites voitures jaunes, vertes ou bleu-marine – Renault finira bien par en proposer une en orange, la teinte du lancement en 1972 – suggère qu’un modèle bien de chez nous peut enfin tenir son rang dans le Hall of Fame du néo-rétro. Les MINI et Fiat 500 ne sont pas les seules à avoir trouvé la recette du modernisme nostalgique.
SPONSORISE